Les « Plumus » : le roman.

Mes « Plumus » par rapport à mes « poilus » (un chat, un chien et deux chevaux) sont au nombre de six : trois pondeuses et trois Nègres-soie, dont un coq.

Chacun et chacune a son petit nom auquel, suivant l’individu, on répond plus ou moins : les pondeuses : Piou-Piou, Pitchoune et Puce, les Nègres-soie : Plume et Qwicky et pour le coq : Plomion.

Au départ, j’ai eu l’idée un peu fantaisiste d’acheter deux poules pour tenir compagnie à mes chevaux ( malgré la différence de taille, c’est une compagnie fort fréquente dans le milieu de l’équitation).

Je me suis donc rendue au marché et ai demandé deux poules que j’ai choisi un peu « bizarres », histoire de faire dans l’original ; j’ai donc acheté deux Nègres-soie (a dit le marchand – il a dit aussi : elles sont encore jeunes, elles ne pondront pas toute de suite…).

Ni tout de suite ni plus tard car en fait, mes deux poules étaient …des coqs ! Ma tête quand ils se sont mis à chanter.

J’étais donc avec Plumet (blanc) et Plumeau (sauvage) sur les bras, aucune expérience et aucune installation suffisante pour accueillir le nombre de poules destinées à satisfaire ces messieurs.

Je n’ai malheureusement pas eu le temps de m’appesantir sur l’arnaque de ce si gentil et honnête marchand car un voisin, tout aussi gentil, a eu l’idée, apprenant l’existence de mes protégés, de les empoisonner ! Plumeau est mort quasi instantanément, Plumet plus résistant a pu être sauvé mais il en est resté handicapé (et le voisin a eu de très très gros ennuis, je m’en suis donnée à cœur joie).

Je me suis donc rendue à nouveau au marché pour acheter une copine à mon pauvre Plumet et j’ai eu la chance de trouver un marchand, lui très honnête et de bons conseils (c’est d’ailleurs lui qui m’a vendu tous mes autres plumus à ce jour) ; j’ai donc acquis Plume (NG blanche).

Puis le dimanche qui a suivi, je me suis dit que jamais deux sans trois (déjà la folie me prenait) et je suis partie chercher une autre nègre-soie (une noire qui j’ai prénommée Pickwik) ainsi qu’une pondeuse (les œufs frais à domicile c’est extra) : Pitchoune.

Ce faisant, je suis tombée sur un vendeur qui DONNAIT ( !) des poussins en même temps que la pub de son stand de peluches (on était à Pâques) : Je me suis retrouvée avec deux poussins en main, que je me suis empressée de mettre en poche pour qu’ils aient plus chaud (ils étaient transis de froid) et je me suis précipitée vers le premier policier venu (sur les marchés de Belgique, il y en a toujours plusieurs) et j’ai dénoncé l’immonde attitude du vendeur de peluches. Interpellation du gars, procès-verbal, confiscation des poussins et fermeture du stand, les policiers repartent et moi j’ai toujours les deux poussins en poche !

J’ai donc ramené tout le monde à la maison, les adultes furent dirigés vers le poulailler, les poussins terminèrent dans une manne à linge, près du radiateur dans le salon, pourvus d’une bouillotte en guise de maman de rechange.

Ils ont grandis et fortifiés et j’ai donc décidé de les mettre avec les autres : Tout se passa sans problème. Malheureusement, quelques jours plus tard, un rapace qui passait par là enleva un de mes bébés, ne me laissant que celle qui allait devenir Piou-Piou.

Entre-temps, Plumet, affaibli, nous quitta et je fis l’acquisition d’un coq Nègre-soie blanc : Plomion.

L’aventure est loin d’être finie : l’été qui suivi, la chienne d’un autre voisin effraya le coq en le poursuivant si loin qu’il ne trouva pas le chemin du retour ; un jour, puis une semaine passa et je commençais à désespérer de revoir Plomion puis, une amie qui venait de partir après m’avoir rendu visite me téléphona pour me dire qu’elle venait de l’apercevoir sur la route, plus loin.

Elle revint me prendre, et à deux, sous l’orage, on parvint à rattraper l’animal qui, bien que passablement sale et maigri, se portait bien, Monsieur avait survécu 10 jours dans les bois en compagnie de tous les prédateurs possibles (renards, rapaces, rats et nuisibles en tous genres).

Chapeau bas !

Mais par la suite, j’ai appris que les Nègres-soie avaient vraiment la vie chevillée au corps, du style increvable car ma NG blanche, Plume, fut attaquée et emportée par un chien errant qui avait réussi à entrer chez moi ; la chance a voulu qu’il passe devant la maison et que mon propre chien l’intercepte, l’agresseur perdant Plume (et des plumes…) dans la bagarre.

Plume était dans un état lamentable, tout son arrière train était déplumé et sanglant, mâché par le chien, elle souffrait beaucoup et j’ai bien cru qu’elle allait mourir, mais mon véto (dont l’épouse soigne mes chevaux) a voulu, voyant ma peine, (j’ai un cœur d’artichaut dès qu’il s’agit de mes animaux), tenter le tout pour le tout et l’a sauvée (seule séquelle, elle n’a plus de queue, ce qui lui a posé des problèmes d’équilibre au début et qui lui donne maintenant plus un air de canard coureur que de Nègre-soie mais soit… ce qui compte c’est qu’elle soit vivante et en bonne santé).

En si bonne santé d’ailleurs que l’été suivant, je l’ai laissé couver un œuf (elle a la sale habitude de cesser de pondre avant de couver (ce qui fait qu’à l’époque on lui retirait ses œufs au fur et mesure sans savoir) et puis elle pond un dernier œuf qu’elle se met à couver (et trop tard pour les autres, ils étaient au frigo), quoi qu’il en soi, trois semaines plus tard naissait un poussin, un coq que j’appelais Pluche (actuellement, Pluche est chez une amie où il est le maître incontesté de sa basse-cour).

Ce printemps, Pickwik , ma nègre-soie noire, qui n’a jamais été de bonne constitution, nous a quitté (un jour je suis arrivée et l’ai découverte morte).

Comme ça faisait juste trois poules pour le coq, je me suis dit que j’allais aller faire un tour au marché et ce qui devait arriver arriva, Qwicky (la NG sauvage) et une autre poule pondeuse (une petite rousse, mais ne me demandez pas sa race), Puce, se joignirent à ma petite bande.

Puce, qui porte bien son nom vu les bonds qu’elle peut faire, est plutôt timide sauf quand il s’agit de manger où elle vous saute littéralement, au sens propre, dessus, quant à Qwicky, c'est le Pot de colle avec un grand (mais grand) P ; dès qu’elle me voit ou l’un de mes parents, c’est la course pour se jeter dans nos jambes et ne plus les quitter, il faut faire attention à ne pas marcher dessus ! Elle suit même le chien qui semble d’ailleurs très perturbé par le phénomène, d’habitude, c’est plutôt lui qui court après les poules (rien de méchant, il reste toujours à un mètre au moins, évite soigneusement de les rattraper et s’abstient en présence de poussins à qui il préfère servir de garde du corps (ceux-ci ne s’y trompent d’ailleurs pas et adorent en général lui grimper dessus dès qu’il se couche… c’est fabuleux à voir).

Ce printemps, Plume a donné naissance à trois superbes poussins… Brahmas , je m’explique, elle nous a refait le coup de l’œuf unique qui n’est pas, pour une raison obscure, venu à maturité (lorsqu’à près de 30 jours, je l’ai cassé, je n’ai trouvé qu’un fœtus à moitié décomposé) mais la belle, têtue, continuait à couver, j’ai donc contacté un éleveur de ma région pour voir s’il ne pouvait me fournir des œufs de nègres-soie en urgence, tout ce qu’il a pu me donner c’est trois œufs de Brahmas (les grands) en surnombre qu’il ne pouvait mettre en couveuse par manque de place, me proposant de me faire don d’un des poussins au choix si je lui rendais les deux autres, ce que j’ai accepté.

Plume élève donc les Brahmas (trois poules) et cet automne, j’aurai le dur devoir de choisir celle qui restera et celles qui repartiront mais, en entendant, mon chien, sous la surveillance de Plume, profite de ses trois petites amies.

Quand je vous ai dit que mes poules c’était un roman !

Corine.

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